Bastille, 6 mai 2012. © L’Homme, par I-phone.
[Edit : désolée pour les commentaires fermés - oubliés d'être d'activés plutôt. C'est ouvert donc, et merci à J. de me l'avoir fait remarquer].
En 1981, j’étais dans le ventre de ma mère, et qui plus est privée des festivités de ce soir là même in utéro (ma maman et moi n’étant pas vraiment du même bord politique) (ce qui la rend d’autant plus méritante d’avoir quand même voté Hollande cette fois-ci, à contrecœur, mais quand même voté !).
Vers 19 heures, on savait déjà, un peu, on savait même complètement, si les estimations donnent du 53 % pour Hollande, on ose se dire que c’est bon, après ces jours priant pour que les sondages soient vrais, pour une fois qu’ils allaient dans notre sens, merci Twitter, les sites étrangers, on savait déjà, donc, et comment raconter le soulagement, la montée d’espoir ? Ce n’est pas encore cette joie flamboyante, il n’est que 19 heures, mais c’est déjà quelque chose d’énorme qui enfle doucement dans la poitrine.
20 heures moins quelques minutes à la pizzeria à emporter : la nouvelle est tombée, là aussi, en avance, je vois les employés regarder leurs téléphones et crier, la vendeuse qui me sert, au prénom rare et délicat de fleur, a les yeux humides et brillants, elle me fait un immense sourire hésitant (on ne sait jamais pour qui a voté un(e) inconnu(e), après tout), je lui fait un immense sourire, et je crois bien que nous avons les yeux humides toutes les deux. C’est comme une montée de joie pure, je crois bien que c’est cela qu’on appelle allégresse, pas exactement le bonheur, qui est plus long, plus plein, pas tout à fait une joie subite, mais cette envie de rire et de pleurer de soulagement, d’espoirs, de joie, envie de danser. Dans l’impulsion, malgré le comptoir, on s’embrasse. Continuer la lecture




